suite et fin?

08/08/2010 : Je me rends compte que je n’ai pas continué à écrire mon histoire et ce,  depuis décembre dernier ! Peut être était-ce trop douloureux …. et puis que vous dire?

L’année qui a suivi l’annonce de ma récidive a été un enfer : 6 chimios supplémentaires de taxotère se sont échelonnées sur 4 mois. Ont suivi 5 semaines de radiothérapie au bout desquels mon oncologue m’a prescrit 5 ans d’hormonothérapie. Je suis sortie de ces quelques mois complètement lessivée, exsangue, épuisée par près de trois ans de traitements lourds. Et puis la dépression a suivi. J’ai baissé la garde au bout de toutes ces années de lutte et me suis littéralement écroulée. Les contrôles tous les trois, puis quatre puis six mois se sont succédés m’apportant leur lot d’angoisses, de stress, de peurs incontrôlés. A chaque mammographie, je m’entendais dire par mes proches : « ça va aller », « il n’y aucune raison que cela recommence » et lors de l’annonce de mes résultats négatifs : ‘on te l’avait bien dit »…. mais cette satanée frousse ne m’a jamais quittée…. jusqu’à aujourd’hui près de 10 ans plus tard! Mon charmant cancérologue ne parle toujours pas de guérison, même après tout ce temps. Je suis donc en rémission totale depuis bientôt 7 ans ce qui ne m’assure en rien un avenir sans cancer :-(. Je suis un peu comme cette Victoire de Samothrace : victorieuse mais amputée d’un mot que tous se refusent à prononcer …..

L’intérêt de cette rechute : faire comprendre à tous que le cancer ne se guérit pas, que l’on n’en sort pas indemne. Le livre ne peut pas se ranger dans la bibliothèque et l’on ne peut pas, à l’instar d’une grippe, faire comme si rien ne s’était passé. Depuis l’arrêt du tamoxifène, je dois faire un contrôle par an, au mois de septembre, . Et si la peur s’estompe entre les bilans, elle revient toujours me tarauder courant août. C’est peut être pour cela que j’ai repris mon clavier aujourd’hui… Pour vous dire que je me sens proche de vous toutes encore et toujours. Que je sais ce que vous vivez chaque jour, que je vous comprends, oh combien!

Outre mon contrôle annuel, cet hiver, je repasse sur la table d’opération pour changer mes prothèses. Encore  des médecins, des chirurgiens, l’hôpital, la peur… Alors oui, on s’en sort, parfois, mais on n’oublie jamais.

Je vais clore par cette page (définitivement je l’espère :-)), le chapitre de la chronique d’un cancer ordinaire . Un condensé de trois années qui ont radicalement changé mon existence et ma vision des choses. Il est courant de dire que l’on ne vit plus de la même façon après une épreuve comme celle là. Les choses reprennent leur juste place, et l’on ne s’inquiète plus de futilités…. c’est vrai, même si cela fait un peu cliché. Mais la vie reprend ses droits et il m’arrive parfois de m’énerver pour des choses sans intérêt. Alors je me dis à voix basse, « peut être es-tu guérie? »

En septembre dernier, j’ai crée ce blog pour parler du cancer du sein, pour donner de l’espoir à toutes ces femmes, comme vous et moi, qui traversont cette horrible épreuve. En 2 000, internet en était à ses balbutiements, et pourtant j’ai pu rencontré quelques femmes dans mon cas, virtuellement et dans la vraie vie. Est-il besoin de vous dire à quel point ces personnes m’ont aidée, soutenue et comme les liens ont été forts parfois plus solides que ceux tissés avec mes vieux amis. Si ce blog peut vous aider à échanger,  vous renseigner, en connaître un peu plus sur le cancer du sein, et, rêvons un peu, nous rencontrer, je serais comblée.

Quoi qu’il en soit, je voulais vous dire merci, merci de me lire, merci d’être là.