Le dernier voyage d’Hélène

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Tu as tiré ta révérence il y a quelques jours et aujourd’hui les tiens vont t’accompagner dans ton dernier voyage.

J’ai hésité à écrire ce post car nous n’étions pas amies et nous avions de multiples divergences de points de vue. Nous avions même eu quelques échanges musclés, à notre image, sur différents sujets. Mais, finalement, ton combat se rapprochait du mien. Faire changer le regard sur la maladie, refuser ce rose bonbon d’octobre, se battre pour nous, pour elles, pour toutes celles qu’on oublie, qui souffrent en silence.

Tu n’aimais pas la demi-mesure, tu n’aimais pas la mièvrerie, tu te battais pour une cause juste même si nous n’avions pas emprunté le même chemin pour atteindre notre but. D’ailleurs, malgré nos désaccords, ni toi, ni moi n’avons coupé les ponts, car ce lien qui nous unissait était plus fort ! Nous avions plus de choses en commun que nous ne voulions l’admettre l’une et l’autre. Les splendides photos entre autres que tu partageais et qui sont une de mes récentes passions, l’amour de l’écriture, la blogosphère que nous avions choisie pour nous faire entendre, et ce cancer du sein que nous ne voulions pas dévastateur, ravageur, destructeur pour nous toutes.

Lorsque j’ai appris ta rechute, j’ai eu mal. Mal pour toi bien sûr, mal pour tes proches, mal pour toutes ces femmes qui suivaient ton blog. C’était complètement irréel, une rechute si tard, si loin du diagnostic, comme une preuve de plus que le cancer du sein n’est pas un « gentil » cancer, qu’il arrache des femmes à leur famille, qu’il tue encore et encore ! Comme un dernier baroud d’honneur pour rendre encore plus vrai, plus pertinent tes mots, ton combat. Toi si forte, au verbe si haut, gouailleuse, militante, écrivain, tu ne pouvais pas lâcher prise, tu ne pouvais pas partir. Toi qui a accompagné tant de malades, tellement persuadée de la justesse de ta guerre, tellement présente.

Je t’ai écrit pour te dire à quel point j’étais désolée, un message de plus dans la nuée de mots que tu as du recevoir. Tu as sans doute été surprise, et tu m’as répondu en me disant ta souffrance, ton envie de jeter l’éponge. Une réponse à la fois empreinte de tristesse, de désespoir presque, que tu as fini par une pirouette comme tu en avais le secret. En parlant de la formidable équipe de soins palliatifs qui t’accompagnait, tu as clos la conversation en écrivant   «  … Espérons juste qu’ils continueront à pouvoir la juguler au maximum dans les prochaines semaines, que je puisse venir te titiller au moins encore une fois en Octobre 2017 ». Mais tu ne seras pas là pour me « titiller » en octobre prochain et je vais le regretter terriblement.

Aujourd’hui je te pleure Hélène, et je t’accompagne par la pensée vers ta dernière demeure. Puisses-tu éclairer le ciel de tes mots et retrouver la paix auprès de nos sœurs de combat.
Bon voyage ma belle !

Catherine

Le blog d’Hélène