S’assurer plutôt qu’oublier !

Capture d’écran 2016-02-12 à 15.55.03

On nous l’avait promis, certains malades atteints du cancer auraient un droit à l’oubli bien avant les 10 ans votés fin 2015. Cette loi, avait déjà généré beaucoup d’attentes et d’espoirs auprès des 3 millions de personnes vivant avec un cancer en France*. La barre des 10 ans finalement obtenue a déçu ses défenseurs. Tous leurs espoirs se sont tournés alors vers la grille que promettait la ministre de la santé et des affaires sociales, sensée élargir le champ d’action du désormais trop fameux droit à l’oubli.

Le 4 février dernier, journée mondiale de lutte contre le cancer, Marisol Touraine a annoncé quelles seraient les pathologies concernées. Un travail (trop ?) rapide  de l’INCa en concertation avec les assureurs dans le cadre de la convention AERAS a permis de distinguer 5 cancers (et l‘hépatite C sous certaines conditions) comme grands gagnants.

 

Cancer du testicule : de 3 à 10 ans selon le stade ;

Cancer de la thyroïde : de 3 à 10 ans selon le stade et l’âge ;

Cancer du sein in situ (canalaire ou lobulaire) : un an;

Mélanome de la peau in situ : un an;

Cancer du col de l’utérus in situ : un an

 

Lorsqu’on y regarde de plus près, cela fait peu d’élus. En effet, comme le soulignait dans un article le site Cancer Contribution , les pathologies concernées sont des cancers à faible incidence et de très bons pronostics. Ce sont dans tous les cas des cancers qui ne métastasent pas ou extrêmement rarement et les traitements actuels permettent aux malades une guérison rapide. Finalement une grande victoire pour les assureurs qui prennent très peu de risque au vue de la population concernée !

Soit une grande majorité qui continuera à être stigmatisés, pénalisés, punis d’être tombés malades. Des malades exclus, sans accès à l’emprunt (ou à des taux prohibitifs), condamnés à vivre sans projet, sans futur et ce pour 10 ans!

 

AssuRose l’assurance pour toutes!

Mon amie Nathalie Savariaud, co-fondatrice et présidente de Life is Rose, une association qui aide les malades atteints du cancer en situation précaire, est confrontée depuis 2012 à des femmes qui doivent faire face à ces refus d’assurance inacceptables. Bien avant l’effet d’annonce de ce droit à l’oubli, Nathalie travaillait déjà dans l’ombre afin d’obtenir d’un assureur la possibilité pour toutes les femmes atteintes d’un cancer du sein d’emprunter sans surprime ni exclusion et ce dès un an après le diagnostic.

C’est chose faite et depuis décembre dernier, d’anciennes patientes ont pu réaliser leur projet immobilier avec AssuRose. Grâce à des négociations avec l’assureur Euroditas, promoteur d’assurances similaires pour les malades atteints de diabète ou de MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin), Life is Rose compte bien étendre ces possibilités à d’autres pathologies cancéreuses.

Pour tous ceux qui y ont cru, croyez bien, à votre tour, que j’aurais préféré me tromper ! Mais personnellement, j’ai toujours pensé que ce droit à l’oubli creusait les inégalités et opposait les malades et bien-portants, les guéris et les toujours malades, les patients atteints de cancer et ceux atteints d’autres pathologies chroniques. Nous avons été plusieurs à refuser de nous opposer à une loi clivante et inappropriée. Devait-on se battre pour un « droit à l’oubli » pour une minorité ou pour un droit à TOUS les malades de s’assurer dans des conditions acceptables ? A ce sujet je vous engage à lire la tribune que nous avons co-signés dans l’ l’Express le 24 Mars 2015.

Alors bravo à Nathalie Savariaud, bravo à son association et n’hésitez pas à la contacter pour plus d’informations.

Pour plus de détail et/ou souscrire à AssuRose, rendez-vous sur : le site de Life is rose  et/ou le site d’Euroditas 

Catherine Cerisey

*données INCa et INVS 2014.