Stupeur et profonde tristesse !

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D’abord un mail d ‘un ami, quatre mots qui me font croire à une mauvaise blague : David Bowie est mort !  Puis la nouvelle se confirme : les journalistes annoncent sur les ondes son décès suite à une lutte de 18 mois contre un cancer. J’allume mon ordinateur, les réseaux sociaux résonnent des hommages des internautes. Les vidéos YouTube tapissent mes Time Line. Ziggy Stardust, Changes, Life on Mars, Starman, Ashes to ashes, Under pressure ….je les réécoute les unes après les autres … toutes ….

Des dizaines de souvenirs me reviennent en mémoire, ma gorge se serre. Sont-ce ces images surgies brutalement du passé qui me perturbent ? La tristesse due à la perte d’un homme que je ne connaissais pas mais qui a accompagné tant de moments de ma vie ? Est-ce l’annonce qu’une fois de plus le cancer, dont on ne le savait pas atteint, sort victorieux de la bataille ? Ou est – ce tout simplement le temps qui passe et qui emporte loin de nous des êtres proches ou moins proches et les plonge dans les ténèbres ? Probablement un peu de tout ça !

Mes grands parents et parents, mes amies d’infortune, ces artistes que j’aimais disparaissent les uns après les autres et emportent à chaque fois un peu de moi-même avec eux. Restent des photographies, de vieux films pour les miens, des chansons et reportages pour les autres ; et puis restent surtout les souvenirs. Ces souvenirs qui s’entremêlent….

Petite, lors de mes weekend chez mon père, Michel Delpech qui m’embarquait chez Laurette et qui me chantait, sans que j’en comprenne le sens, que Marianne était jolie.

Plus tard, ma mère qui me demandait de baisser le son de la platine qui hurlait les notes de Space Oddity. Ma grand-mère désespérée devant mes premiers amours aussi sulfureux que Ziggy Stardust ! Les notes de Life on mars ou de Starman qui m’ont enveloppée de leur douceur lors de mes ruptures. Ta voix si particulière, reconnaissable entre toutes, qui a jalonné ces périodes importantes de ma vie et m’ont aidée à grandir et à devenir ce que je suis.

Frédéric Mitterrand a dit une chose qui m’a interpellée hier dans une émission de télévision. A la question pensez-vous au temps qui passe ? Il a répondu «  non je pense au temps qu’il me reste ». Moi aussi j’y pense. Et ces morts qui jonchent le sentier de ma vie me rapprochent du grand voyage.

Ces artistes qui disparaissent les uns après les autres depuis quelques jours, nous ramènent à notre condition d’humain, de mortels. Célèbres ou inconnus, quoi que nous fassions, quelle qu’ait été notre vie, que nous ayons été bon ou méchant, le bout du chemin est le même.

Aujourd’hui des millions de gens pleurent Bowie. Ils pleurent leur jeunesse passée, leur insouciance oubliée, la vie qui passe inexorablement. Aujourd’hui, comme à leur disparition, je pleure mes parents devant mes enfants pour qui Bowie ne représentait qu’un rockeur un peu has been.

Il a choisi de taire son cancer. Il a quitté la lumière des projecteurs pour vivre la douleur et la souffrance loin du regard de ses fans et des médias, loin aussi des vautours qui ne l’auraient probablement pas épargné. Il a vécu ces derniers moments entourés des siens et je l’espère de tout leur amour.

Et comme dernier cadeau, l’homme aux mille visages nous laisse son dernier opus, un testament musical aussi surprenant qu’il a toujours été. Comme ta musique est immortelle, nous croyions que tu l’étais aussi, mais hier, tu as rejoins les étoiles, see you Starman !