Dépistage, et si on en parlait autrement ?


Le communiqué de presse du gouvernement est édifiant : seules 63% des femmes entre 50 et 74 ans se font dépister tous les deux ans ( 52,7% dans le dispositif de dépistage systématique, et 10% par dépistage individuel ). C’est encore trop peu et c’est pourquoi, une fois de plus, le Ministère des affaires sociales et de la santé, l’INCa et l’INVS engagent une importante campagne nationale d’information et de sensibilisation visant à inciter les femmes à faire leur mammo. Mais cela va-t-il suffire ?

A grand renfort de spots TV, d’affiches et d’actions de proximité, les pouvoirs publics nous demandent de « quand date notre dernière mammographie ». Les médecins généralistes ne sont pas en reste, poussés à convaincre leurs patientes grâce à un nouvel outil interactif sur le logiciel médical de gestion de dossiers patients. Enfin, santé 2.0 oblige, une grande mobilisation sur Facebook appelée I&You nous propose d’inviter les femmes à se faire dépister en réalisant une grande fresque virtuelle de photographies .

Malheureusement les campagnes anti-mammo font rage (et évidemment particulièrement au mois d’octobre), et les freins au dépistage sont nombreux : peur d’avoir mal, du diagnostic, pas le temps, le fameux « ça n’arrive qu’aux autres » etc..

Pourtant les cancérologues sont unanimes : le dépistage permet de découvrir un cancer plus petit et donc de limiter les traitements lourds. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que les détracteurs sont rarement oncologues mais souvent médecins généralistes. On est en droit de se demander s’ils sont le plus aptes à en parler ?

Mais tout ce barouf va-t-il suffire ? Dans un premier temps, ces campagnes automnales meurent à l’arrivée du mois de novembre. Et puis, les femmes vont-elles être convaincues de se lever de table lors du dîner familial pour aller vérifier la date de leur dernier examen encouragées par Elise Lucet ou Nagui entre le 20H et le film du soir? Et les affiches dans la rue? Nous les regardons à peine, trop occupées à conduire et si vite oubliées de retour à la maison …

Le dispositif médiatique mis en place par les pouvoirs publics a le mérite d’exister. Mais j’ai peur que ce soit beaucoup d’argent dépensé pour rien ou pour pas grand chose.

Enfin, il est intéressant de souligner que la plupart des femmes qui se mobilisent vraiment sont des malades ou anciennes malades. Et c’est elles qui en parlent le mieux !

Pour preuve  un des quatre clips réalisés par l’association de mon amie Evelyne Barbeau, « une luciole dans la nuit » (voir son interview ici) que je trouve particulièrement bien faits et qui mériteraient d’ être diffusés à la télé. Résolument positifs ils nous montrent  des femmes comme vous et moi, anciennes malades dynamiques et particulièrement souriantes. De quoi faire tomber quelques freins et démystifier la maladie.

Alors une idée comme ça : plutôt que de jeter nos sous par les fenêtres grâce à des campagnes réalisées par des boites de comm si peu adaptées, pourquoi ne pas nous demander à nous, femmes concernées, de participer à la réalisation de films qui seraient certainement plus percutants auprès du grand public. Madame la Ministre, Madame Buzyn, si vous me lisez  :)….

Et vous quels films préférez-vous ?

Catherine Cerisey

Pour découvrir les autres clips de l’association rendez-vous sur youtube

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