12 ans déjà et pourtant …

Cette semaine est ma semaine de contrôles annuels. Au programme prise de sang avec ces foutus marqueurs et mammo plus echo bilatérales. Lorsque je suis sortie des traitements lourds, la peur ne me lâchait pas : chaque douleur persistante, chaque changement inhabituel me liquéfiaient de trouille. Je voyais à l’époque l’échéance des fameux dix ans comme une libération… Et pourtant !

12 ans plus tard je me rends compte que les anciens démons reviennent tous les ans à la même époque … et je sais dorénavant que je n’y échapperai plus… je sais que chaque mois de septembre, je vivrai un moment entre parenthèse, à nouveau plongée dans l’angoisse que tout recommence. C’est comme ça, je n’y peux rien ; il faut seulement que j’arrive à gérer cette peur, la mettre à distance, du moins le plus loin possible, pour qu’elle ne pollue pas – trop – mon quotidien.

Je me sens un peu idiote de vous écrire ça, vous, qui luttez chaque jour, vous qui subissez des contrôles mensuels ou trimestriels et qui, comme moi aujourd’hui, arrêtez de vivre si souvent, le coeur suspendu à quelques chiffres en bas d’un résultat d’anapath et à des regards vides de manipulateurs radio blasés.

Ce blog, se veut résolument positif, combatif (voire parfois un peu militant) et surtout pas anxiogène. Je cherche dans chacun de mes billets à vous apporter l’espoir si nécessaire à la survie. J’ai conscience d’écrire un post qui va plonger certaines dans le désarroi… « Si Catherine au bout de tant d’années continue à vivre avec la peur au ventre, ça veut dire que ça ne s’arrêtera jamais :(…  » ! je voudrais pouvoir vous rassurer, vous répondre qu’au fil du temps tout ça s’estompe… Mais non, ce ne serait pas honnête…

Je crois que, malheureusement, nous sommes condamnées à vivre des moments en parallèle de la vraie vie. Déconnectées des autres, de ceux qui se croient encore immortels, qui pensent que ça n’arrive qu’aux autres. Nous sommes toutes dans le même bateau qui vogue au gré du temps, beau ou mauvais… Nous sommes une grande famille reliées entre nous par l’éphémère de la vie.

Je viens de poster un message sur Facebook. les alertes de vos commentaires résonnent dans la pièce… je sais que je vais y lire le réconfort indispensable que j’étais venu y chercher. Cette chaîne de solidarité qui ne faillit jamais est tellement précieuse ! Je suis fière d’en faire partie ! Alors merci, merci d’être là pour moi aussi :).

Catherine