« Vivre comme Après » la première oeuvre artistique globale contre le cancer du sein

Anne Fontaine m’a été présentée par une amie elle même rencontrée via mon blog il y a un peu plus d’un an… j’ai tout de suite su qu’elle allait faire partie de mes belles rencontres ! Petit bout de femme pétillante, elle m’a  parlé de son projet de disque, en réalité déjà bien avancé, avec enthousiasme et passion. Repartie avec une maquette en poche, j’ai écouté la musique et les paroles de quelques chansons… et j’ai aimé, immédiatement… Puis nous avons tissé des liens et j’ai vu grandir son projet qui a pris de l’ampleur pour devenir association et ce qu’elle appelle « une oeuvre artistique globale ». Rentrée dans son univers, j’ai pu croiser des personnages hauts en couleurs, passionnants, et entre autre, son inséparable acolyte, Laurent Garet, qui a écrit les musiques de l’album. 

Un après midi pluvieux d’avril, je les ai retrouvés et ils m’ont gentiment accordé leur première interview. Anne Fontaine et Laurent Garet vous présentent donc « Vivre comme Après » : 

 

CC : Comment est né ce projet ?

A.F : Avant  l’annonce de mon cancer du sein je n’osais pas me lancer dans l’écriture, préférant de loin envoyer les écrivains sur le front des mots et des idées. Je me disais : « chacun son truc, moi j’encourage les rencontres artistiques, le collectif et sa déclinaison de possibles ». Ce projet est né du basculement dans l’après cancer, et de mon envie d’écriture devenue urgente et vitale. La peur de mourir a mis à nu ce désir trop longtemps enfermé à double tour dans ma boîte à inhibitions.

C.C : Toi dans le milieu de l’édition, pourquoi choisir d’écrire des chansons plutôt qu’un livre ?

A.F : Tu sais à quel point voir l’antichambre de la mort donne une sacrée trouille. Il faut aller vite, prendre des décisions importantes, écouter les médecins, passer une batterie d’examens incroyable, et courir vers la guérison « à tout prix », si j’ose dire. Comme nous toutes j’ai suivi un traitement lourd, livré une bataille insensée pour rester en vie. C’est lorsque ma chimiothérapie a pris fin que j’ai commencé à écrire des chansons sur un petit carnet, dès la première séance de radiothérapie. Je ne sais plus qui a dit qu’il fallait se méfier de ce que l’on dit car ça finit par arriver, mais à la question des médecins : « Que faites-vous dans la vie ? », j’ai répondu : « Je suis parolière », et ils ont accepté de passer les CD de mes chanteurs préférés dans la salle des rayons. J’ai été irradiée en écoutant Neil Young, Bob Marley, Jacques Brel, Nino Ferrer, Barbara, Alain Bashung… Après chaque séance de radiothérapie je rentrais chez moi en marchant, et  sur le chemin je retranscrivais mes textes dans un café. Ils me venaient comme une évidence, de l’écriture automatique ou presque. Donc, pour te répondre, la chanson est apparue à ce moment-là de ma vie comme la forme d’expression qui collait au plus juste avec cette notion du temps soudain rétréci. Les mots qui voltigeaient dans ma tête sont sortis de cette manière là.

C.C : Pourquoi et comment as-tu choisi Laurent pour composer les musiques ?

A.F : Laurent est un ami de longue date. Au moment de mon cancer du sein on s’était perdus de vue depuis quelques années. Lorsque j’ai organisé une petite fête pour ma dernière chimio avec ma famille et mes amis, j’ai eu envie de l’inviter. Il n’était pas encore question de collaboration, et pour cause, je n’avais encore écrit aucune chanson. Laurent écrit des textes incroyables, drôles et fins. C’est un faiseur de mots et il compose des musiques à tomber. Je l’ai appelé pour qu’il me donne son avis sur mes paroles, par simple curiosité d’abord, puis les choses ont évolué. La fusion de mes textes avec ses musiques fut la toute première part de chance de notre aventure.

C.C : Pourquoi ce nom, « vivre comme après » ?

A.F : Le nom « Vivre comme après » est arrivé par étapes. Après mon opération-ablation, une femme charmante est entrée dans ma chambre de l’Institut Curie pour me soutenir, me réconforter et me proposer des petites prothèses en mousse à mettre dans mon soutien-gorge lors de ma sortie. J’ai trouvé ça très rassurant de discuter avec une amazone comme moi. Tu les connais, elles font un super boulot depuis des années, j’ai un profond respect pour elles et leur engagement, mais leur association s’appelle « Vivre comme avant », et aussitôt je me suis dit que cela n’était pas possible, pour moi du moins, de vivre comme avant. Avec ma prothèse, un pull à col roulé, effectivement l’illusion peut passer, mais qu’un homme me déshabille et c’est une autre histoire. Bref, pardon pour elles, qui sont des femmes formidables, car j’ai vu dans cet intitulé un mensonge. Notre société doit évoluer. Le rejet que j’ai eu ce jour-là s’est vu confirmé par la suite. Une épreuve comme celle-ci vous fait basculer, il y a bien un avant et un après. J’ai choisi l’après, mais a-t-on le choix ?

Le titre de l’album « Vivre comme après » est arrivé plus tard. Un jour Laurent  Garet m’a présenté Luis Rigou et son équipe du studio Malambo. Nous avons parlé de ce projet un peu fou, mais encore sans titre. Je suppose que c’est à force de m’entendre répéter : plus comme avant que Laurent m’a parlé de l’après (logique). Un soir je l’ai appelé et je lui ai dit : « Ne cherche plus, on a le titre, c’est « Vivre comme après ». Voilà l’histoire. J’ai conscience qu’avec notre nom nous créons un trouble, mais c’est arrivé comme ça.

C.C : Peux-tu nous raconter « l’élan de solidarité » dont tu m’as parlé autour de la genèse de l’association?

A.F : Tu le sais aussi bien que moi, une femme sur huit est actuellement touchée par le cancer du sein, c’est une véritable pandémie. Je ne peux aller nulle part sans entendre, lorsque je parle de notre association : « Justement ma meilleure amie », « ma femme », « ma mère », « ma sœur »… Beaucoup de gens sont concernés. Mais il y a autre chose, l’après touche énormément de personnes. La précarité de la vie nous est renvoyée chaque jour en pleine figure, et là encore j’entends souvent : « Moi aussi j’ai un après… ». Ce monde, que je dirais donc « de l’après » est d’une grande richesse ; je crois qu’il a beaucoup à  nous apporter.

C.C : D’un projet de disque vous êtes passés à « une œuvre artistique globale », pourquoi ?

A.F : J’ai toujours aimé l’art sous toutes ses formes, c’est le domaine dans lequel j’évolue. J’ai été libraire, j’ai longtemps tenu un salon littéraire, je suis éditrice, correctrice et conférencière, je fais partie du jury pour le prix littéraire Les Lorientales, mais mon entourage ne se limite pas au monde de l’écriture. J’ai des amitiés avec des artistes évoluant dans la musique, le cinéma, la photo, la peinture, l’architecture, la mode… A force de parler de cet album des projets m’ont été proposés. Comment refuser ? De ces échanges est  née l’idée de lancer une campagne de sensibilisation nationale autour du cancer du sein, orchestrée par l’art. Il a donc été nécessaire pour Laurent et moi de nous entourer, de trouver un cadre de travail afin de canaliser toutes les synergies artistiques ; avec Aline Combes, notre trésorière, nous avons créé l’association.

C.C : Peux-tu nous détailler les projets de l’association ?

A.F : Bien sûr. Il y a donc l’album collectif de chansons (une première en France), une collection de 8 courts-métrages, un recueil collectif de nouvelles et un beau livre-galerie de portraits de 80 femmes emblématiques françaises. L’album sera donc interprété par un collectif mixte, composé à majorité de femmes. Pour une grande partie il évoquera toutes les étapes de cette maladie, depuis l’annonce jusqu’à la reconstruction mammaire (ou non), avec un regard un peu distancié, que j’espère poétique aussi. On aura, bien qu’il y ait différentes interprètes, le sentiment de suivre une seule femme. C’est un album-concept. Les courts métrages sortiront avec l’album, dans un même coffret, et ils seront gérés de manière à pouvoir vivre leur vie en festivals, et être diffusés en télévision. Laurent et moi participons aux choix des sujets avec Cyril Paris, notre chef de projets pour les courts métrages, car certaines thématiques auxquelles nous tenons ont dû être abandonnées sur l’album. Les scénarios, les dialogues, les réalisations seront l’affaire des équipes de Cyril. Ces deux projets (Album et courts) seront exclusivement centrés sur le cancer du sein. Pour le recueil nous aurons environ 18 fictions, avec le choix entre ces deux mots d’ordre : le cancer du sein, ou l’après, qui pourra être abordé de manière libre. Le livre-galerie de portraits sera quant à lui intégralement centré sur l’après de 80 femmes emblématiques françaises. Sandrine Roudeix, qui photographiera ces femmes et qui est notre chef de projet pour ce livre, s’est fixé  un objectif précis : « Le projet de ce livre photos vient d’abord d’une envie : donner de l’espoir à toutes celles qui vivent un drame ou un « accident de vie », c’est exactement le sens de ce livre. L’espoir.

Voilà pour nos quatre « chantiers » principaux. Et bien sûr : qui dit campagne nationale dit possibilité de déclinaisons, avec Laurent nous donnons le « la »-ce qui est déjà pas mal- et nous étudierons chaque projet qui nous sera proposé.

C.C  : La totalité des fonds récoltés iront à l’institut Curie, peux-tu nous expliquer ce choix?

A.F : Pourquoi Curie ? Pour moi c’est indiscutable car symbolique. D’abord « prendre le cancer de vitesse » est l’intitulé de la communication de l’Institut, c’est un peu militaire mais une nécessité à laquelle j’adhère absolument. Et puis lorsque j’ai évoqué la création du premier album collectif de chansons françaises destiné à lutter contre le cancer du sein, l’Institut Curie s’est montré très enthousiaste au vu de son caractère trans-générationnel. Les bénéfices des ventes de l’album iront intégralement à la recherche pour lutter contre le cancer du sein. Pour la petite histoire, j’avoue que je n’ai cessé de remercier Marie Curie à chacune de mes séances de radiothérapie. D’ailleurs je me suis prise de passion pour cette pionnière au point même de m’offrir un manuscrit de ses calculs savants, et de coécrire un duo avec le jeune parolier Sébastien Lévrier, le titre : « Pierre et Marie ».

C.C : Comment peut-on vous soutenir ?

A.F : Par l’adhésion ou par le don. Comme toute association, « Vivre comme après » fonctionne beaucoup grâce au bénévolat, mais nous avons besoin de fonds pour pouvoir mener nos actions à bien ! (NDLR : Pour télécharger le bulletin d’adhésion c’est ici).

C.C  : Un dernier mot?

A.F : Ce que je dis toujours à mes équipes au sortir de nos réunions : « Allons de l’avant ! Osons vivre comme après ! »

Photo : Artgraphpainter

C.C : Peux-tu nous expliquer comment Anne t’a contacté ? Comment t’a-t-elle proposé et présenté son projet ?

L.G : Avec Anne nous nous sommes rencontrés il y a quelques années. Nous n’étions pas à proprement parler des proches, nous nous sommes vus plusieurs fois puis chacun de nous a connu dans sa vie des choses délicates à surmonter, qui l’ont accaparé, et nous ne nous sommes pas revus pendant longtemps. Malgré tout nous nous appelions de temps en temps pour prendre des nouvelles. C’est lors d’un de ces appels, il y a deux ans, que j’ai appris son cancer. Elle était en pleine chimiothérapie. Peu de temps après elle a organisé un pot dans un café pour fêter sa dernière séance, nous nous sommes revus là. Je ne crois pas qu’à ce moment nous ayons parlé de l’album, j’ai surtout le souvenir de longues discussions au téléphone un peu plus tard, pendant sa radiothérapie. Une grande partie des textes a été écrite durant cette période. Dire comment elle m’a présentée le projet n’est pas évident, c’était le tout début, je dirais comme quelqu’un qui le découvre en même temps qu’il vous en parle.

C.C : Qu’en as tu pensé à priori ?

L.G : Dès qu’elle s’est mise à parler plus précisément de l’album j’ai trouvé le projet très beau, mais tu me demandes autre chose. Au début il n’était pas encore question que je compose l’intégralité de l’album, d’ailleurs il n’était question de rien de vraiment fixé pour Anne, sauf provoquer les choses, tester les enthousiasmes. Je n’étais donc pas le seul à qui elle en parlait, et de mon côté je lui conseillais aussi de varier les compositeurs (c’était avant d’avoir lu les textes, et surtout avant d’en avoir posé un sur mon piano). Pour être franc j’étais un peu hésitant, parce qu’impressionné. Je ne pense jamais aux risques en terme d’échec, plutôt de réussite, immédiatement j’ai pensé qu’un projet comme celui-là avait de grandes chances d’aboutir, et d’avoir une forte résonnance, ce qui amène tout droit à une notion de responsabilité. Au début donc, pour le dire sans détour, j’avais des réserves quant à ma sensibilité. Je n’étais pas certain d’être en mesure de toucher juste. Je suis un homme, par chance aucune femme de mon entourage n’a été atteinte par cette maladie, faire quelque chose est aussi s’en emparer, occuper la place… Le cancer du sein touche beaucoup de femmes, cet album est une première en France, il faut qu’il soit réussi, qu’il plaise, bref je me sentais minuscule. Il y a aussi qu’immédiatement j’ai ressenti fortement qu’un album comme celui-ci devait être composé au piano, dans l’esprit de certaines mélodies des années soixante-dix, plus lyriques, avec des arrangements « grand orchestre », plutôt que dans l’esprit pop rock majoritaire aujourd’hui, et pour être honnête à ce moment-là je n’avais plus de piano à la maison. En résumé donc j’étais impressionné, pas certain d’être en mesure de fournir le travail adéquat, mais évidemment séduit par le projet.

C.C : Toi qui n’a pas été touché par le cancer, peux-tu nous dire ce qui t’a conduit à entrer  dans ce voyage, quelles ont été tes motivations ?

L.G : Le mot « motivation » ne reflète pas ce qui s’est passé, dans un premier temps du moins. Un jour j’ai reçu les premiers textes, ils sont très beaux, poétiques, mais ça n’est pas encore là que j’ai basculé. En dehors de la composition Anne avait un tas de questions, notamment sur l’enregistrement. Je voulais qu’elle rencontre Luis Rigou, Hélène Arntzen et Laurent Compignie, avec qui j’ai fait deux albums, et qu’elle visite le studio Malambo. Le lieu, l’équipe pour l’enregistrement d’un album sont très importants. A mes yeux ce lieu et cette équipe sont idéals, Anne a eu immédiatement le coup de cœur et c’est bien là que l’album se fera. Donc ce jour-là je me souviens avoir dit à Luis, Hélène et Laurent, qui sont eux-mêmes compositeurs, qu’Anne cherchait des musiques et qu’ils pouvaient s’y mettre s’ils le souhaitaient. Je leur ai même donné les textes. C’est au retour de cette entrevue que je me suis dit : « Bon, il faut t’y mettre toi aussi ! », je suis donc allé m’acheter un piano. C’est ici que je suis entré dans ce voyage, comme tu le dis joliment, dès le premier texte que j’ai posé devant moi il s’est passé ce genre de choses si difficiles à expliquer. Sous les notes les mots se sont mis à me parler de manière intime, la musique a pour ainsi dire jailli. J’étais très ému. J’en ai pris un deuxième et il s’est passé la même chose. Un troisième et encore. En les rejouant le lendemain à nouveau la même émotion. J’en ai demandé d’autres à Anne et pendant quelques jours j’ai vécu dans un ailleurs. Là d’un coup je suis devenu très exclusif : cet album était pour moi et personne d’autre ! Ma véritable porte d’entrée est donc ici, au cœur d’une alchimie, qui s’est reproduite par la suite à chaque nouvelle chanson.

C.C : Comment as-tu composé les musiques, est-ce que ça a représenté un travail différent que pour tes autres compositions ?

L.G : Oui, pour une raison simple. Mon travail de compositeur jusque là avait toujours été pour mes propres chansons, donc pour ma voix, qui n’offre pas la largeur de tessiture de certains interprètes plus soucieux de la leur. Composer pour des femmes, dans d’autres tonalités, pouvoir laisser aller les mélodies a été vraiment libérateur. C’est un point important, qui m’a permis plus de lyrisme.

C.C : Est-ce que les musiques de cet album correspondent à ton univers musical ou t’en es-tu éloigné, compte tenu des textes d’Anne et du sujet ?

L.G : Comme beaucoup de compositeurs j’ai moi aussi des « tics », des réflexes qui reviennent, sur certaines chansons je les entends, mais d’autres m’ont vraiment surprises. Donc, pour l’univers musical je dirais oui et non. J’ai un univers musical assez varié, aussi bien en tant qu’auditeur qu’en tant que compositeur, plutôt que m’en avoir éloigné je dirais que cet album l’a élargi. Je parle ici de la composition des chansons, car en ce qui concerne leur traitement, l’écriture des arrangements, le choix des instruments, la couleur de l’album, c’est autre chose. Nous voulons aller vers un album ambitieux, avec un grand orchestre, et là pour moi ça va être une grande première. Les textes m’ont évidemment beaucoup influencé, mais comme je le disais tout à l’heure ça ne c’est pas passé de manière très consciente, les choses ont été d’une grande évidence. Le sujet c’est différent, il a été une forte préoccupation pour moi ; j’ai beaucoup pensé aux femmes qui ont traversé cette épreuve, ou qui vont la traverser. Evidemment ce type de pensées mène à un grand vertige, vous êtes nombreuses, différentes, d’être, de goût mais… je vais le dire simplement, c’est souvent la meilleure voie : qu’une femme ayant connu, comme Anne, comme toi Catherine, cette épreuve, vienne dire à Anne lorsque l’album sera sorti : « Vos textes Anne, c’est exactement ça ! », je sais qu’elle en sera profondément émue ; hé bien la même phrase en changeant textes par musiques et Anne par Laurent m’enverrait directement au tapis de reconnaissance ; pour le dire avec une certaine pudeur masculine.

C.C : Comment es-tu passé de la composition de l’album à la vice-présidence de l’association ?

L.G : Assez naturellement, pour plusieurs raisons. D’abord parce que Anne me l’a demandé, à force de passer une ou deux heures au téléphone pratiquement tous les jours nous sommes devenus amis, et complice. Ensuite notre proposition est artistique, et l’art tient une place importante dans ma vie. Enfin cet esprit Vivre comme après, au centre de beaucoup de nos discussions depuis le début, me parle, c’est quelque chose que je ressens fortement moi aussi.

Propos recueillis par Catherine Cerisey

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