Scandale des prothèses PIP, où en est-on?

Fin mars, éclatait le scandale des implants mammaires PIP, utilisés dans des opérations de chirurgie esthétique et lors d’interventions suite à un cancer du sein. Ces prothèses présentent en effet, de hauts risques de rupture et contiennent un gel de silicone destiné à un usage industriel et non médical. Doit-on rembourser, et surtout, qui doit bénéficier de cette prise en charge? Le point avec Alexandra Blachère, la présidente de l’Association des Porteuses de prothèses PIP (PPP).

C.C : Combien de femmes sont actuellement porteuses de prothèses PIP en France et combien après reconstruction suite à un cancer du sein?

A.B : 30 a 40 000 femmes sont concernées par les implants mammaires PIP en France dont environ 80% ont été posés a visée esthétique et 20 % dans des cas de reconstruction. MAIS les hommes sont également concernés par les implants pectoraux de la même marque….Les concernant je n’ai par contre pas encore de chiffres…

C.C : Que recommandez-vous à ces femmes?

 A.B : Nous recommandons plus que jamais, au vu des évènements récents, un remplacement systématique des implants PIP par principe de précaution.

C.C : On déplore déjà un décès et deux autres femmes viennent de témoigner dans la presse de leurs problèmes de santé dus directement à ces prothèses, avez-vous connaissance d’autres cas?

A.B : Pas d’autres cas « lourds » pour le moment a ma connaissance.

 C.C : Quelle est la position du gouvernement en terme de remboursements?

A.B : Le gouvernement, pour le moment, reste sur les mêmes propositions, à savoir la prise en charge totale pour les reconstructions et la prise en charge de la dépose et des frais qui y sont liés pour les opérations dites « esthétiques ». Ce qui est largement insuffisant car aucun chirurgien quasiment ne réopère au tarif de la securité sociale, ce qui empêche grand nombre de victimes d’avoir accès a la réoperation.

C.C : Que demande l’association?

A.B : L’Association PPP demande la prise en charge totale et identique pour TOUTES les victimes PIP sans distinction, ou la mise en place d’un fond d’urgence afin qu’elles puissent se faire réopérer.

C.C : Certains s’insurgent sur le remboursement d’une chirurgie qu’il qualifie d’esthétique, que leur répondez-vous? (voir entre autre, les commentaires sur le site de Libération)

 A.B : Que quelque soit la raison pour laquelle un ou deux implants mammaire ont été posés à une femme, nous sommes TOUTES victimes de la fraude PIP et portons TOUTES le même gel de silicone dangereux. Les gens gardent en tête le stéréotype de la « bimbo ecervelée » sans regarder au delà ; les souffrances psychologiques qui ont, dans quasiment tous les cas, poussé les victimes à avoir recours à la chirurgie, sont aussi réelles que variées. Nous ne pouvons pas dissocier les victimes….

C.C : Quid des autres marques de prothèses?  

A.B : Pour le moment une seule autre marque de prothèses semble commencer a poser des soucis qui, bien qu’étant encore des cas plus ou moins isolés, restent préoccupants quand à la qualité des implants en question.

Propos recueillis par Catherine Cerisey

Le site de l’association 

A lire sur le sujet le billet de Maître Laurent Gaudon, avocat 

Photo : AFP Getty Images, Spencer Platt