cancer du sein et sexualité un sujet encore tabou

Suite à mon billet sur l’après cancer, certaines d’entre vous ont évoqué  le peu d’informations sur la sexualité à la disposition des femmes malades d’un cancer du sein. En cherchant, j’ai effectivement trouvé peu de choses concrètes sur ce problème vécu par  beaucoup d’entre nous.

En 2006, grâce au mécénat Simone Pérele (créatrice de dessous féminins), l’Institut Curie a lancé une étude : « Intimité et sexualité après un cancer du sein ». Près de 300 femmes ont été interrogées  dont 50% étaient agées de moins de 54 ans et 52% n’étaient pas ménopausées au moment du diagnostic. La moitié de ces patientes expriment une réelle souffrance psychologique et 26% se sentent sexuellement moins attirantes. Pour plus de 50% d’entre elles, le désir a diminué ou complètement disparu. La fréquence des rapports a diminué chez plus de la moitié et la capacité d’arriver à l’orgasme a diminué chez 43% des femmes interrogées. Toutes se plaignent du manque d’informations délivré à ce sujet. Autant dire que le problème est d’importance !!! Pourtant ces résultats ne sont pas une surprise.

Les causes psychologiques dans un premier temps sont multiples : anxiété, stress, peur et angoisse ne participent pas à un état émotionnel propice aux rapports sexuels.

Les causes physiologiques ensuite sont pour la plupart liés au traitements et leurs effets secondaires.

  • La mastectomie semble plus invalidante que la tumorectomie en raison de la mutilation engendrée par l’acte chirurgical qui modifie l’image corporelle de façon significative. Mais il y a également dans les deux opérations une baisse de la sensibilité d’une zone qui, de fait, n’est plus érogène.
  • La radiothérapie quant à elle avec ses cortèges de rougeurs et brûlures  désinvestit le sein de tout érotisme.
  • En chimiothérapie on est souvent nauséeuse, et les vomissements sont peu propices à un quelconque rapprochement sexuel! Ne parlons pas de l’alopécie qui pose également un problème d’image pour la femme qui en est victime.
  • Avec l’hormonothérapie, la chimiothérapie est souvent responsable d’une ménopause précoce pour laquelle aucun traitement substitutif n’est permis. S’en suivent, des sécrétions vaginales inexistantes et donc des rapports douloureux, des bouffées de chaleur, une prise de poids, des douleurs musculaires et/ou osseuses qui ralentissent  la libido.

Mais d’après certains sexologues les solutions existent :

  • redonner un pouvoir de seduction à la femme meurtrie en essayant de réduire la gêne face à cette nudité qui dérange et en l’aidant à apprivoiser sa nouvelle image corporelle.
  • Apprendre à gérer le stress et la peur de la patiente mais aussi celle du conjoint qui peut, vivant dans l’angoisse de perdre celle qu’il aime, ne plus avoir de désir.
  • Réinstaurer une communication qui rassurera la femme parfois inquiète d’être délaissée, trompée voire quittée.
  • Changer les comportements sexuels en découvrant par exemple de nouvelles zones érogènes et abandonner, pour un temps, ce sein douloureux ou insensible.

A l’Institut Curie, les professionnels en charge des patientes  reçoivent dorénavant une formation afin de répondre aux problématiques de sexologie rencontrées par les femmes lors de la traversée d’un cancer du sein. Mais si en parler est essentiel, quelles solutions concrètes peut on trouver pour venir en aide aux couples confrontés aux problèmes. Iraient-ils consulter un oncosexologue s’ils en avaient la possibilité?

Et que dire de toutes ces femmes seules au moment du diagnostic ou devenues célibataires suite à cette annonce de cancer? Comment les aider à retrouver la confiance nécessaire à tout début de relation amoureuse.

Il est clair que le chemin est long avant d’arriver à des solutions à la hauteur d’un problème encore tabou.

Et vous avez vous été confrontées à des difficultés de ce genre? Quelles seraient vos suggestions?

sources :Institut Curie/sylviehenrysexologue.com