après la chirurgie : les prothèses mammaires externes

Aujourd’hui sur 20 000 femmes qui subissent une mastectomie suite à un diagnostic de cancer du sein, 17 000 ne se font pas reconstruire (soit 1 million en Europe)*. Pour d’autres, on doit souvent attendre la fin des traitements pour pouvoir penser à la reconstruction.

Si certaines femmes décident d’assumer leur dissymétrie, d’autres désirent retrouver une image corporelle plus fidèle aux conventions. La prothèse mammaire externe peut les y  aider mais elle pallie aussi d’eventuels problèmes dorsaux, cervicaux, lombaires ou musculaires dus au déséquilibre induit par la perte d’un sein, particulièrement dans le cas d’une forte poitrine.

Dans un premier temps, tant que la cicatrisation ne sera pas complète, il vous sera proposé une prothèse provisoire remplie de mousse ou de coton ajustée grâce à de petites épingles à nourrice attachées au soutien gorge. Elle est légère et souple et évite toute pression sur la cicatrice.

On doit la porter avec un soutien gorge sans armature. L’idéal étant d’apporter à l’hôpital un soutien gorge de sport en coton pas trop ajusté afin de ne pas appuyer sur la plaie et éventuellement laisser passer les redons. Il existe plusieurs tailles et il ne faut pas hésiter à prendre son temps pour l’adapter à la morphologie de l’autre sein.
Cette prothèse provisoire peut vous être fournie gratuitement par l’hôpital ou par une bénévole de l’association Vivre comme Avant (mouvement d’aide morale aux femmes qui subissent une intervention du sein) qui oeuvre dans beaucoup d ‘hôpitaux et cliniques en France, en Suisse et en Belgique.

Six à huit semaines après l’opération, une fois que la cicatrisation sera complète, le chirurgien vous donnera le feu vert pour la prothèse définitive. Vous pouvez vous la procurer auprès de certains pharmaciens, d’orthopédistes ou de boutiques spécialisées présentes également sur internet. Néanmoins je vous déconseille internet pour la première fois :  il vaut mieux connaître la forme et la taille qui vous conviennent le mieux avant de se lancer dans un achat par correspondance.

Cette prothèse en silicone est remboursée 69,75 euros par la sécurité sociale , sur prescription médicale mais sans entente préalable, à raison d’une fois par an. Les prix en boutique s’échelonnent entre 70 et 220 euros, mais le complément ainsi que les soutien gorges et maillots de bain adaptés (avec poche pour y glisser la prothèse) peuvent être remboursés par certaines mutuelles.  Vous pouvez également, coudre un petit morceau de tissu qui formera une poche dans votre ancien soutien gorge.

La longévité d’une prothèse est de 2 ans garantis chez certaines marques (attention à ne pas la griffer, ou la percer sous peine de voir se répandre la silicone). Elle se lave à l’eau tiède et au savon et l’idéal est de la ranger dans sa boite pour la nuit.

Quelques temps plus tard, environ trois mois après l’arrêt des traitements (radiothérapie et chimiothérapie), vous pourrez envisager l’achat d’une prothèse adhésive ou d’une prothèse adhérente.

La première comporte un velcro qui s’adapte sur un support adhésif que l’on fixe à même la peau et que l’on change toutes les semaines.

La prothèse adhérente se pose directement sur la peau à laquelle elle adhère grâce à un système breveté par la marque Amoena. Elle est remboursée à 100% par la sécurité sociale et coûte 160 euros. Un nettoyant spécial est vendu pour leur entretien.

Ces deux systèmes de prothèse offrent une grande liberté et un meilleur confort.

Toutes ces prothèses  existent en version « light »  c’est à dire des prothèses plus légères qui peuvent avoir une réelle indication thérapeutique en cas de lymphoedeme, d’ostéoporose ou de maux de dos importants.

Si vous pratiquez un sport la prothèse légère est conseillée et pour la natation vous ne pourrez pas utiliser les prothèses adhésives.

Certaines prothèses intègrent  un matériau qui régule la température et évite une sensation désagréable de moiteur en cas de fortes chaleurs.

Enfin si vous avez subi une tumorectomie ou une quadrantectomie, vous pouvez vous retrouver face à un déséquilibre inesthétique entre les deux seins. il existe pour vous des prothèses compléments qui peuvent redonner au sein opérer le galbe perdu. Cette gamme de prothèses existe en plusieurs tailles, formes et épaisseurs.

Le choix de prothèses mammaires externes est extrêmement large et il est important de trouver celle qui vous conviendra le mieux. Je ne saurais trop vous conseiller de prendre votre temps pour la choisir, de ne pas hésiter à demander conseil et  d’en essayer plusieurs jusqu’à trouver celle qui ressemblera le plus au sein controlatéral. Cette prothèse ne doit pas être visible lorsque vous êtes habillée et son choix, comme celui de la perruque lors d’une chimiothérapie alopéciante, est absolument essentiel pour traverser le plus sereinement possible  cette nouvelle étape.

* source oncomagazine, vol 3 n°1: « cachez ce sein que je ne saurais voir » Dominique Gros

Vivre comme Avant : 14  rue corvisart -75013 Paris tel : 01 53 55 25 26

Prothèses : amoena.fr / anita.com / trulife.com (en anglais) – ces marques vendent également des gammes de soutien-gorges et maillots de bain adaptés.