cancer du sein : les différentes options chirurgicales

La chirurgie  est la première indication dans la prise en charge d’un cancer du sein.

Elle à trois objectifs :

  1. Confirmer le diagnostic de cancer
  2. Enlever complètement la tumeur
  3. Prélever et examiner les ganglions pour préciser le stade de la maladie (voir mon billet sur les différentes formes de cancer du sein)

Deux grands types d’intervention sont possibles :

  • La tumorectomie ou mastectomie partielle

a. exérèse de la tumeur

b.ablation des ganglions lymphatiques dans le creux axillaire

Elle est pratiquée pour une tumeur inférieure à 5 cm et est la plupart du temps suivie de séances de radiothérapie. Il y a obligation d’obtenir des marges d’exérèse parfaitement saines c’est à dire de s’assurer que la tumeur a été complètement enlevée.

  • La mastectomie (ou mammectomie) avec trois opérations possibles :
  1. La mastectomie totale simple : ablation du sein (dans le cas d’un cancer in situ par exemple)
  2. La mastectomie radicale modifiée (Mastectomie de Patay) : ablation du sein et des ganglions lymphatiques
  3. La mastectomie radicale (Mastectomie de Halstedst) : ablation du sein, des muscles pectoraux et des ganglions lymphatiques (cette operation n’est presque plus pratiquée de nos jours car trop invasive)

Les indications pour une mastectomie peuvent être les suivantes :

  • présence de plusieurs foyers tumoraux dans le même sein
  • signes d’inflammation du cancer
  • lésion susceptible de s’étendre
  • récidive
  • radiothérapie contre indiquée (car radiation du thorax antérieure ou grossesse)
  • Tumeur trop importante par rapport au volume du sein

La chirurgie  peut parfois, dans le cadre de tumeur de taille importante, être précédée par une chimiothérapie neoadjuvante (afin de réduire la tumeur et procéder à une tumorectomie plutôt qu’une mastectomie).

Mais le cancer infiltrant, au contraire du cancer in situ, peut essaimer dans les ganglions lymphatiques situés dans le creux axillaire (aisselle). On procède donc au prélèvement de tout ou partie de la chaine ganglionnaire  (curage axillaire) lors de la chirurgie afin de les analyser et de vérifier que le cancer ne s’est pas étendu.

Ce curage est responsable d’effets secondaires importants comme le lymphoedème (gros bras) et/ou une limitation de la mobilité du bras… Après l’intervention des  séances de kinesithérapie peuvent vous être prescrites afin de limiter ces effets.

Joëlle Tayeb kinesithérapeute à l’hopital Saint Louis nous explique son intérêt

Il vous sera peut être conseillé de pratiquer quelques exercices chez vous afin de récuperer la mobilité du bras opéré.

Enfin, des précautions très importantes sont à prendre dans la vie de tous les jours

Afin d’eviter tous ces inconvénients,depuis quelques années, la technique beaucoup moins invasive dite du ganglion sentinelle, a été mise au point.

En effet, les ganglions les plus proches de la tumeur sont les premiers atteints : ce sont les ganglions sentinelles (concerne 1 à 3 ganglions). Il est possible, dans certains cas (tumeur petite par exemple) de se limiter à l’ablation de ces seuls ganglions. Pour ce faire on injecte un produit radioactif et un produit colorant au voisinage de la tumeur ou près de l’aréole. Ces liquide sont collectés par le système lymphatique pour se concentrer au niveau des premiers ganglions. Une scintigraphie permet alors de les repérer et de les prélever. Après analyse, si le(s) ganglion(s) ne sont pas envahis par les cellules malignes, on ne procède pas au curage, par contre si l’on détecte des cellules cancéreuses un évidement axillaire sera effectué .

La moitié des patientes dont la tumeur est inférieure à 3 cm et les trois quart de celles dont la tumeur mesure moins d’un cm échappent ainsi aux éventuels effets secondaires du curage complet.

Le liquide bleu se répand dans le sein par l’intermédiaire du système lymphatique

Vous pouvez voir ici une video reprenant point par point la technique du ganglion sentinelle.

Néanmoins, cette technique est contre indiquée dans certains cas comme par exemple la présence de plusieurs foyers dans le sein, de  ganglions palpables à l’examen clinique ou des patientes ayant déjà subi une irradiation ou une chirurgie mammaire.

Chaque maladie est unique, et c’est les caractéritiques de votre cancer qui determineront le choix de l’operation la mieux adaptée. C’est avec  votre médecin et l’équipe en charge de votre dossier que vous pourrez décider de la meilleure  option thérapeutique préconisée dans votre cas.

En cas de doute, je ne saurais trop vous conseiller de demander, comme je l’ai fait, un second avis auprès d’un autre médecin afin de prendre votre décision définitive en toute connaissance de cause. Accepter le choix thérapeutique est une étape essentielle qui vous permettra, j’en suis persuadée,  d’intégrer plus facilement les modifications physiques et esthétiques inhérentes à ces opérations.

Pour voir les résultats esthétiques des différentes techniques, lire « J’ai un cancer du sein, et après »du Pr Pascal Bonnier, photographies de  Florian Launette, dont je parle ici.

Sources : « comprendre le cancer du sein » fiche d’information SOr savoir patient de la Ligue Nationale contre le Cancer et de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer.(FNCLCC)/centredusein.com/le ganglion sentinelle par Philippe Merviel/cmaj.ca