la rage de vivre

Gregor Podgorski, photographe, est né en Pologne en 1965.Il s’installe en France en 1984, après des études d’art à Varsovie. En 1989, il délaisse le dessin et la peinture pour  la photographie. Il travaille la photo  essentiellement des portraits en pied d’hommes et femmes presque toujours nus.
Aujourd’hui il propose un nouveau travail intitulé « la rage de vivre » : 100 photographies de femmes survivantes d’un cancer du sein témoignant de l’existence de la vie après la maladie. Comme chaque fois, les photos sont accompagnées d’un court temoignage.

Les cicatrices mettent du temps à disparaître et le cancer m¹en a laissé plein. Agnes
Alors je vis mon corps en trompe-l’oeil. Trompe-la-mort, Je suis fière d¹être encore là mais plus jamais sûre d¹y être pour toujours. Alors je mets toutes mes forces à vivre le mieux possible. Rendre au miens l¹amour qu’ils m’ont donné. Leur dire que c’est par eux et pour eux que je vis. Parce que leur amour et leur peur pour moi m¹ont fait croire en moi pour mieux lutter contre la maladie.. Je suis plus forte qu¹avant mais aussi plus fragile. Plus heureuse. Plus vieille. Plus belle. Plus gaie. Plus inquiète. Plus amoureuse…
PLUS VIVANTE
Agnès
44 ans, journaliste, Paris.

Octobre 2006 : affronter le parcours balisé . BrigitteMon sein est resté, mes cheveux aussi, pas mon compagnon…Mon corps lui ne m’a pas trahie. Il a fait ce qu’il a pu, du mieux possible. Depuis, je me nourris de la tendresse de mes proches, je serre les poings, redresse la tête et pour que le OUI chasse tous les NON, je pose lentement, mais coute que coute, de minuscules pas à pas stratégiques sur l’échiquier des jours à venir. Cou-RAGE ! L’énergie créative revient……

Brigitte
57 ans, peint et anime un atelier d’art crée en 1982…, Yvelines
Béatrice
Je suis là pour mastectomier les tabous cancer, handicap, mort, prison, sida
pour que nos mots rencontrent nos maux quand vous me regardez, c’est vous que vous voyez

Béatrice

57 ans, psychologue, Paris

Corinne« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux »

J’ai survécu à cette épreuve, certes en y laissant « quelques plumes », mais je crois y avoir gagné un petit supplément d’âme.
Je sais aujourd’hui savourer :« ici et maintenant »

A mes grands parents

Corinne
49 ans, étudiante en conseil conjugal et familial, Yvelines

Les témoignages adoucissent la violence de la nudité légitime ici quand on connait  la demarche de l’ artiste dans ses précédents travaux (voir  la pieta ou « c\’est la vie« ) . il n’hésite pas à montrer ces femmes avec leurs cicatrices au corps et à l’âme dans toute leur beauté, leur plenitude et leur « rage de vivre » témoignant aux yeux du monde qu’il y a une vie après le cancer du sein.

Un livre sera tiré de cette exposition qui s’arrête aujourd’hui à la Art Gallery 7 Parnassiens – 16 rue delambre – 75014 Paris du 24 Novembre au 1er décembre.

Merci à Sand qui m’a très gentiment relayé l’info 🙂